Peuples et minorités du Surinam

Le Surinam est l'un des pays les plus divers du continent américain par sa composition humaine. Aucun groupe ne forme une majorité absolue. Cette mosaïque résulte de la traite, de l'engagisme et des migrations organisées par la puissance coloniale néerlandaise. Les communautés conservent des langues, des religions et des fêtes propres.

Les Hindoustanis

Descendants de travailleurs sous contrat venus du nord de l'Inde à partir de 1873, les Hindoustanis forment le groupe le plus nombreux. Ils parlent le sarnami, une langue dérivée du bhojpouri, et pratiquent l'hindouisme ou l'islam. Ils occupent une place importante dans l'agriculture et le commerce.

Les Marrons

Les Marrons descendent d'esclaves qui ont fui les plantations et établi des communautés autonomes à l'intérieur des terres. Ils se répartissent en six groupes, dont les Saramaka, les Ndyuka, les Matawai, les Paramaka, les Aluku et les Kwinti. Leurs langues créoles, leur organisation en clans et leurs pratiques religieuses perpétuent un héritage ouest-africain.

Les Créoles

Les Créoles descendent des esclaves restés sur la côte après l'abolition de 1863, souvent mêlés à des lignées européennes. Ils vivent surtout à Paramaribo et dans les districts côtiers. Le sranan tongo, langue véhiculaire du pays, est issu de leur histoire.

Les Javanais et les autres groupes

Les Javanais sont arrivés comme travailleurs sous contrat depuis les Indes néerlandaises entre 1890 et 1939. Ils ont conservé leur langue, leur cuisine et le gamelan. Les Chinois, présents depuis le milieu du XIXe siècle, tiennent une part du commerce de détail. Les Libanais, les Portugais de Madère et les Néerlandais complètent cet ensemble, auxquels s'ajoutent les migrants brésiliens liés à l'orpaillage.

Les peuples amérindiens

Les peuples autochtones représentent une faible part de la population. Les Kalina et les Lokono occupent la zone côtière, les Trio et les Wayana le sud forestier. La reconnaissance de leurs droits fonciers reste une question ouverte dans le droit surinamais.